- Les reliures d'Isabelle Rollet -

Les reliures à la fanfare

Entrelacs, arabesques, rinceaux, feuillages sont les motifs décoratifs à la mode au XVIe siècle. Ils apparaissent partout, sur les tissus, les sculptures, les armures le mobilier… et dans les années 1570, ils prennent aussi place sur les plats des reliures.
Ils y sont disposés dans de complexes compositions organisées à partir d’un médaillon ovale central, duquel partent des doubles filets délimitant des compartiments. Le résultat est chargé mais symétrique et harmonieux.
Les doreurs exécutent le travail en utilisant des feuilles d’or et de nombreux petits fers, courbes, droits ou fleurons, poussés successivement à la main. Les plus célèbres sont Nicolas et Clovis Ève, père et fils, tous deux titulaires de l'office de « relieur du roi » pour Henri III, Henri IV puis Louis XIII.
Ce n’est toutefois pas eux qui inventent le terme de fanfare pour ce genre de décor, pouvant paraître quelque peu pompeux. Il faut attendre 1829 et le somptueux pastiche de Joseph Thouvenin réalisé sur l’ouvrage intitulé Fanfares et courvées abbadesques des Roule-Bontemps, pour qu’en référence, les reliures ainsi parées soient baptisées reliure à la fanfare.